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Nous étions guidés, conseillés, et conduits par Haja.
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Nous étions guidés, conseillés, et conduits par Haja.
de voyage, mais ouf Haja est arrivé, et on les a vu débarquer à notre chambre. Dans deux jours ce sera au tour de Fred d’arriver, on essaiera d’être à l’heure. Le voyage commence enfin, et on va directement dans le centre ville de Tana puis sur les hauteurs pour le panorama. Tana, c’est énorme comme ville, en plein boum démographique et tout ce que ça amène d’inconvénients. Le guide donne deux millions d’habitants, mais on peut déjà en ajouter un de plus. Malgré tout, la ville est assez jolie, construite sur plusieurs collines, avec beaucoup de verdure et très peu de buildings, mais quelques maisons stylées, d’autres moins. On traverse facilement la ville, en passant devant les différents bâtiments importants, pas spécialement jolis, et on est monté jusqu’au palais de la reine, qui a malheureusement été victime d’un incendie criminel. Là haut, ça offre une vue globale sur la ville et son lac en forme de cœur avec l’ange noir en son centre, noir à cause de la pollution, car il a été nettoyé il y a peu et la statue est en fait bien blanche. Des jeunes nous invitent à se balader dans les quartiers hauts, petite promenade sympathique sur de petits sentiers entre les maisons pour aller aux différents points de vue, et l’occasion aussi d’une première rencontre avec la faune locale en la personne d’une araignée gigantesque que nos guides n’ont pas hésité à prendre dans leur mains. Même savoir qu’elles sont inoffensives ne rassure pas, et certaines personnes les placent à leurs fenêtres pour que les moustiques n’entrent pas dans la maison. Après un premier petit déjeuner avec viennoiseries, reste culturel de la colonisation, on quitte la capitale pour la colline sacrée d’Ambohimanga et du rova royal. C’est un des rares sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, et c’est sans doute du à son coté historique, car ce n’est pas spécialement impressionnant. Même en 1800, un roi qui n’a pour palais qu’une simple petite cabane en bois d’une pièce, quasiment sans meubles, dont l’unique Il regarde le criquet avec ses yeux qui tournent à 180°, il tourne sa petite tête, se met dans l’axe, sort sa grosse langue en boule, et sans qu’on le voit venir attrape avec une précision incroyable et à une vitesse hallucinante l’insecte qu’on tenait dans la main à 30 cm, dingue. On voit aussi des gros insectes pas jolis, des gros crapauds orange, des serpents et des papillons aussi magnifiques qu’immenses. Après le déjeuner, on va se promener dans la forêt du parc, et encore une fois la surprise a été au-delà de nos espérances ! Non seulement on est tombé sur des lémuriens de deux espèces, Fulvus et Sikara, mais ils sont en plus venus à notre rencontre et même sur nous en échange de morceaux de banane, magiques ! Quelle première journée ! On poursuit la route jusqu’à Andasibe pour la promenade du lendemain dans la forêt. Notre hôtel est plein de charme, on a un chouette bungalow en face de la forêt où on peut entendre les lémuriens bondir d’arbres en arbres. Premier repas arrosé, avec rhums arrangés et vin rouge local du clos Malaza un peu spécial.
Il nous reste à rejoindre le village à pieds, en traversant des fermes isolées au milieu des plantations, des rizières, et plus loin on trouve même une des résidences secondaires du président qui dénote un peu des maisons villageoises qu’on venait de croiser. 13h30, on retrouve le village, et on prend un pot pour se désaltérer avant le resto. On en profite pour enlever les dernières sangsues devenues de véritables petites poches de sang à force de se goinfrer à nos dépends. Pas le temps de rentrer à l’hôtel, sauf pour Michel usé par la marche du matin, on a déjà un autre projet de visite. Un des guides de la forêt nous propose une sortie dans un village des environs de l’ethnie des Tamalas, isolé de la route, qui peut être rejoint uniquement à pieds par un chemin accidenté de quatre kilomètres. On croise quelques fermes, on fait même peur à des petits enfants sans doute peu habitués à voir des occidentaux dans ce coin peu touristique. On voit enfin au loin la fumée du village accompagnée des premiers bonjours des enfants. Des enfants il y en a énormément, 45% de la population a moins de quinze ans, le pays est en plein boum démographique, même si l’espérance de vie est encore de seulement cinquante ans. Le village est rempli d’enfants, tous gentils, disciplinés, qui viennent nous saluer par curiosité et sympathie, la venue de vazahas est un évènement.
La coutume veut que la première chose à faire en entrant dans le village est d’aller saluer le chef de village dans sa case pour annoncer sa venue et se présenter. Le guide nous emmène donc chez le Roi, mais c’est loin d’être un palais, c’est une petite maison d’une pièce sans meubles, juste des nattes sales sur le sol. Les notables du village viennent nous rejoindre, ainsi que les enfants et la famille du roi. Le cérémonial peut commencer, mais ici, contrairement à la plupart des endroits dans le pays, on ne parle pas français, le guide sert donc de traducteur. Haja est des notres, la visite est inédite pour lui aussi, mais il y a de fortes chances pour que cette aventure rentre dans son programme pour les touristes à venir. L’instant est solennel, c’est génial de vivre ce genre d’expérience, d’autant que deux heures plus tôt on ne l’imaginait même pas. On lui achète un peu de rhum local distillé au village, pour la prière aux ancêtres et pour le verre de bienvenue que tous les gens présents se partagent en le faisant tourner. Les grimaces des locaux en buvant le rhum ne m’ont pas rassuré sur le degré d’alcool, c’est monstrueusement fort, entre l’éthanol pur et le kérosène. On trempe les lèvres pour faire plaisir, et après seulement on peut faire le tour du village, suivi des enfants qui posent pour la photo. Ils sont tout heureux de se voir dans le numérique, puis distribution de bonbons. Les maisons sont basiques, en terre, et on assiste à des scènes de leur quotidien. Il est déjà l’heure de repartir, les enfants nous suivent du regard de leur village alors que nous reprenons le chemin, et nous crient veloma jusqu’à ce qu’ils nous perdent de vue, vraiment une excursion enrichissante qu’on gardera en mémoire longtemps. La nuit s’approche à grands pas, et à peine le temps de récupérer Michel qu’il faut repartir dans la forêt pour observer les lémuriens nocturnes et les civettes, sorte de petit renard. On reprend le même chemin que le matin, sur une distance plus courte mais tout aussi casse-gueule, surtout qu’il fait noir complet à part les deux lampes mesquines du guide et de Michel. On arrive au point d’observation, on a vu le plus petit des lémuriens, de la taille d’une souris qui se déplace d’arbres en arbres à une vitesse folle, pas évident à suivre des yeux, et une civette est aussi venue chercher ses petits morceaux de viande. On repart en évitant les chutes, et on peut enfin se reposer, et pour ça rien de tel que le petit troquet de la veille. Bonne surprise, plusieurs guides décident aussi de passer la soirée là, et ils sont en grande forme et d’humeur festive, bien décidés à nous faire découvrir les tubes du moment et les danses à la mode. Grosse ambiance, un vrai spectacle auquel finalement on se laisse entraîner. Fred, Arnaud, Michel dansent même sensuellement le slow avec Jean-Claude et compagnie. Bien sympa cette soirée, qui se termine à l’hôtel devant le match de foot puis dodo bien mérité.
Ambalavao en face du grand marché, un des plus importants de l’île, on y repassera quelques jours plus tard. On poursuit la route vers l’Isalo, les paysages changent, on arrive dans la savane. On arrive à notre hôtel à Ranohira, avec des bungalows qui offrent une vue magnifique sur la savane qui se prolonge jusqu’au massif à quelques kilomètres. En fait l’Isalo est un énorme massif montagneux qui s’étend sur cent kilomètres de long et vingt de large, et c’est devenu un parc national protégé où on peut parcourir différents sentiers alternant canyons, failles, cascades, etc... Le bungalow n’a pas d’électricité, et pour l’eau chaude qui fonctionne avec le soleil c’est uniquement quand il fait chaud, donc rien après 17h30 car le soleil est couché, et rien avant 12h car le soleil n’est pas assez fort. Douches froides donc prévues pour les deux nuits qu’on passera ici.Jusque là c’était plutôt une promenade tranquille, mais la rando commence avec une grosse grimpette sur la façade du massif en plein soleil où le sac rempli d’eau se faisait sentir. Ca vaut l’effort, le panorama du haut de la montagne est exceptionnel, la savane à perte de vue sans rien pour stopper la vision avant l’horizon ! La balade ne fait que commencer, à travers ce que les locaux surnomment avec un peu d’audace le colorado malgache. Quatre heures de marche à bonne allure, avec des étapes prévues dans les piscines naturelles noire et bleue pour le pic nique et la baignade. On longe la gorge creusée par la rivière pour arriver enfin à ces cavités d’eau en bout de chemin, et c’est trop tentant on se lance à l’eau. D’abord la noire, car très profonde. On peut nager jusque sous la cascade, sans lever trop la tête car les araignées ont élu domicile pas loin au dessus et la taille des toiles de plusieurs mètres d’envergure est assez impressionnante. Mais sinon c’est fabuleux de se baigner seuls dans ce genre d’endroit. La bleue ensuite juste à coté, car moins profonde. Là aussi douche sous la cascade, comme dans les films. Juste le temps de manger les sandwiches que la pluie fait son apparition, et pas n’importe quelle pluie, une averse énorme, c’était bien la peine de se sécher. Le reste de la rando s’est faite sous cette pluie battante, chaude ça va, et jamais je n’étais resté aussi longtemps dehors par ce temps, détrempé jusqu’au moindre poil, et le chapeau prévu contre le soleil s’est révélé utile contre l’eau. Ce n’était finalement pas si gênant que ça, le chemin restait toujours aussi grandiose le long de cette rivière dans une véritable gorge, mais on a du accélérer un peu le pas pour ne pas se faire surprendre par la montée des eaux. Arrivée à un autre parking où Haja nous reprenait, on en aurait presque eu froid, mais finalement après une bonne douche froide sous un filet d’eau à l’hôtel on s’est réchauffé au bar du coin chez Bernie où on a pu déguster les meilleurs rhums arrangés du pays, aux parfums aussi variés qu’originaux (avocat, piment, …). Dîner et nuit au même hôtel.
17h30, ça commence doucement. 17h40, c’est finit le soleil est couché. Il tombe très vite et descend à vue d’œil derrière l’horizon, c’est court mais super joli. Il ne reste plus qu’à rejoindre Tuléar, capitale administrative du Sud-ouest, pas un grand charme mais étape pratique. Il fait noir, et Haja roule vite, très vite, malgré le monde dans la ville. On s’installe à l’Hôtel des Palétuviers, à la bougie car pas d’électricité, ni ici ni dans le reste de la ville. En fait l’unique générateur de la ville ne donne que deux heures de courant par jour par quartier, pas de bol c’est pas notre tour. Idem pour retirer de l’argent, impossible ce soir, pas de réseau pour les cartes et pas de courant… On dîne à l’Etoile de Mer, et pour notre premier repas sur la côte on garde le rhum en apéro mais on change le zébu pour des langoustes, délicieux ! Après d’autres rhums de pré-soirée dans un bar, on sort au Zaza Club, la meilleure boîte du monde selon Carlos, une référence… Difficile de décrire l’ambiance, très festive, mais différente des boîtes françaises. En tout cas jamais on n’aura eu autant de succès auprès du gros pourcentage de filles présentes… En levant les yeux, quel ciel étoilé ! Rarement eu l’occasion d’en voir un aussi rempli, magnifique ! De quoi se passionner pour l’astrologie, mais on a sommeil.
Le plus impressionnant baobab faisait treize mètres de circonférence, c’est énorme. Petite promenade tranquille, le soleil se prépare à se coucher. On serait bien sur la plage, mais Haja nous propose la ferme des tortues, il fait déjà sombre, c’est fermé. Il veut absolument la voir on dirait, il klaxonne, le gardien nous ouvre. La nuit tombe, on distingue à peine les carapaces du sol, ça donne un effet comique d’autant que Haja doit s’en rendre compte et tente de combler la visite par un optimisme débordant. C’est vite torché quand même, à défaut de toutes les voir, on aura contribué à les sauver avec nos droits d’accès au parc. On revient sur la plage, la luminosité est déjà très diminuée mais c’est magnifique, nuances du rouge au bleu foncé. On dîne au resto de Freddy en « ville », pas de route goudronnée, que du sable, et autant de cahutes que de maisons en dure dans le centre. Après le rhum arrangé, les langoustes arrivent, deux par personne pour six euros! On est gâté. Fin de soirée pépère dans un café local et retour à l’appartement.
environ 700 mètres de dénivelé. Ca commence doucement, à travers la forêt sacrée betsiléo et ses nombreux lémuriens catta, d’où le nom du camp. On suit le guide et sa branche pour enlever les toiles d’araignées du sentier jusqu’à la piscine naturelle, moins tentante que celle de l’Isalo, puis on commence la grimpette. C’est pas spécialement difficile, mais Michel rate de peu l’entorse et Fred serre les fesses de peur de voir le ravitoto se sauver à son insu. On arrive en haut du caméléon, sur son dos, le panorama vaut largement l’effort, vue sur toute la vallée et le pic Boby, plus haut sommet du pays. Le temps d’écouter le guide raconter ses jolies légendes en observant les nombreux lézards manger nos miettes, et il est temps de redescendre la montagne dans l’autre versant de la vallée. On croise des femmes qui vont laver très loin leur linge, puis des jeunes étonnés de nous voir. Les garçons ont un peigne dans les cheveux, décoratif et synonyme qu’ils cherchent à se marier, et tous mâchent la friandise locale, un morceau de canne à sucre. Là encore les vêtements sont dépareillés, pas très adaptés, et usés. On traverse d’abord le village de Morarany, accueillis par des enfants étonnés, mais très vite c’est tout le village qui sort, et on est invité à visiter le « café » local dans une hutte qui semble minuscule et très bas de plafond.
resto chouette de la ville, avec une déco dans le style local plein de très beaux objets en bois. Pour patienter avant le repas, rien de tel qu’un apéro au rhum arrangé, et il faut goûter les différents parfums. Le rhum fait vite son effet… Au repas, on prend le « vin » du coin, le betsileo, qui restera une expérience gustative unique pour notre palais, le rire du serveur quand on lui a dit que son breuvage était spécial montre qu’on ne devait pas être les premiers à lui dire, mais on a été au bout de la bouteille à force d’efforts et de défis. J’en ai encore des frissons à y repenser, beurk pour cet arrière goût chimique qui est resté gravé dans la mémoire de mon palais. Rien de tel qu’un rhum pour laver tout ça, mais c’était p’têt celui de trop… Le rhum à la grenadelle était pour sa part une grosse réussite, tellement bon qu’on a rempli une bouteille d’1,5 litre pour finir la soirée à l’hôtel. La fin de soirée à été mémorable, sauf peut-être pour Michel qui a du utiliser les vidéos pour combler ses trous noirs le lendemain matin…
atelier de miniatures à base de récupérations, un bel exemple de talent, de recyclage et d’imagination. A partir de conserves, quelques découpes, du fil de pèche, et un superbe petit vélo était né. On est ensuite allé dans un atelier moins intéressant de pierres précieuses. Enfin, l’hôtel des thermes et son parc, qui rappelaient le temps pas si lointain de la colonisation. La pause dans cette ville était finie, et on reprenait la route vers Antananarivo, avec comme à l’aller une pause foie gras à Ambatolampy, mais cette fois en plein après-midi, et avec la mauvaise idée de prendre un vin blanc local mal adapté au foie gras, et sûrement mal adapté pour tout le reste car vraiment pas bon. Retour à la capitale, installation à l’hôtel du glacier, qui possédait son propre bar-club-resto à quelques dizaines de mètres. Tana le jour ne craint pas plus qu’une autre capitale, mais Tana la nuit est réputée dangereuse, du coup même entre l’hôtel et son resto on se fait surveiller par les agents de sécurité, et encore on est à quatre, rassurant. C’est pas la très grande forme, du coup la soirée est plutôt courte pour nous tous.
palais de la reine, dans les autres quartiers avec la place de l’indépendance ou le tombeau du premier ministre. Après un bon dernier resto pour clore le voyage, on rejoint Haja qu’on avait finalement réservé une demi-journée de plus. Sur le chemin de l’aéroport, la dernière visite est la croc’farm, une réserve principalement de crocodiles mais avec d’autres espèces de lémuriens ou de caméléons. Les lémuriens semblent plus tristes que ceux croisés en pleine nature. Il y a des milliers de crocodiles, de toutes les tailles, des petits qui se sauvent à notre approche aux très gros qui ne feraient qu’une bouchée de nous. Y’en a un moyen qui avait échappé à son enclos et qui était sur le chemin, ben ça rassure pas, les gardiens étaient trois pour le maîtriser. Dernier pot avec Haja dans ce joli cadre, et on regagne l’aéroport à contrecœur. On a trois avions différents, Michel qui devait partir le premier a vu son vol retardé de quelques heures, du coup c’est Arnaud et moi qui serons les premiers à quitter le pays, et enfin Fred encore plus tard. L’attente est longue, mais on comprend le retard du vol de Michel, le président quitte le pays avec son Air Force One malgache, un boeing présidentiel, qui montre encore une fois le décalage entre lui et le niveau de vie du peuple. On a pu observer la cérémonie du départ, avec tapis rouge et militaires. Enfin bon ça ne valait sans doute pas le retard provoqué. Et voilà, fin du voyage… Fred a encore du patienter dans l’aéroport jusqu’au petit matin, lumière éteinte, avec quelques locaux finalement gentils, et pour lui aussi fin du voyage.